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13 mars 2021

Glaçures haute température

 Je poste à nouveau une fiche qui a deux ans déjà, parce que ce n'est pas toujours facile de naviguer dans un blog et de trouver les archives !!

Terre et glaçures de Daniel Rhodes et Pâtes et glaçures céramiques sont épuisés ou vendus terriblement chers. J'ai scannés ces deux livres qui m'ont beaucoup aidée au début. Si vous souhaitez que je vous envoie ces fichiers envoyez moi un mail à sofiterre@pm.me. Je me ferai un plaisir de vous les envoyer.
Ces cinq bases de glaçures sont celles que j'ai utilisées toute ma vie en les déclinant en atmosphères, surcouchages, argiles de bases, différents fours, coloration, ajout de titane, de zinc etc... Ces bases sont très fiables, je cuis entre 1230° et 1250° selon la terre de support et mon envie

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Tout avait commencé comme ça…  
Reprise de glaçures que j’ai laissées de côté pour la sigillée. Maintenant, les deux sont à l’honneur, sigillées et porcelaine

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Avec Lies, ma copine potière nous avons pesé, posé les glaçures et cuit dans son four hier

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Aujourd’hui, ouverture, surprise, surprise….
Encore dans le four…

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Essais sortis du four

 

Quelques bols

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Voici mes recettes
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Glaçure 1  et 4  . Ces glaçures ont la meme base, une est plus riche en soude, l'autre en potasse                                                                              
Orthose (feldspath potassique) 42 gr                                      
Carbonate de soude pour la 1    9 gr 
(et de potasse pour la 4)                                      
Carbonate de chaux                  20 gr                                      
Oxyde de zinc                           5,5 gr                                    
silice                                         23 gr                                      

Glaçure 2                                                                                
Pegmatite                                  6.6 gr                                    
Carbonate de chaux                   13 gr                                     
Carbonate de Baryum                11 g                                                 
Rutile                                          5 gr                                      
Kaolin                                         6 gr

Glaçure 3
Néphéline syénite                       25 gr
Kaolin                                         25 gr
Carbonate de chaux                    25 gr
Silice                                          25 gr

Glaçure 5
Orthose                              42 gr
Carbonate de potasse           9 gr
Carbonate de chaux         28.5 gr
Oxyde de zinc                   5.5 gr
Silice                                 23 gr

Les essais ont été pesés, un essai a été fait avec la base

puis la base a été divisée en deux pour faire deux chaînes, une de fer et une de cuivre

2, 5, 10 fer, 10 fer, 10 titane

2, 3, 3 cuivre 10 titane

La cuisson a été faite à 1260° avec deux montres fusibles Segers n°8 et 9, 1250° et 1280° en oxydation

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En détail
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La porcelaine translucide. Elles le sont toutes, même celles qui sont émaillées mais ça ne se voit pas sur les photos.. Tant pis, il faudra venir à l’atelier pour venir les voir ;)
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Bons essais, vous avez tout ce qu’il faut pour réussir. David de Céraquitaine, entre autres, a les matières premières. Et n’hésitez pas à créer des recettes, à les prendre dans les livres et les essayer, c’est du travail, un gros travail qui demande beaucoup de concentration et de travail mais sans risque et qui ne donne que du bonheur !!!

Et quels beaux résultats plein de vie !!

ENJOY !!!


01 mars 2021

Préparation d’une argile ramassée en nature

Vous êtes nombreux à me poser des questions sur la façon de préparer une argile récoltée en nature. Celle ci provient d’un ancien village potier près de l’atelier, Beauregard de Terrasson dans lequel j'ai construit et ai cuit dans un four papier en public le samedi 30 juillet. Le four a été construit, les poteries ont été faites avec l’argile du village.

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Argile sèche que je concasse avec un marteau. Bien sûr il y a plein de façons de faire différentes, l’idée est de concasser grossièrement la terre sèche pour pouvoir diluer et tamiser pour enlever les impuretés, racines, cailloux etc….

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Premiers essais en bétonnière.
D’abord mise en eau, délayage. Galère :)
Deuxième essai, super !!! mise en eau, quelques jours après mélangeur. Bien plus facile
Un ami qui aidait pour le four m’a prêtée main forte. Le tamis est un tamis pour maçons de maille 12 Si vous trouvez 16 c’est plus fin. Ca correspond au nombre de mailles au cm²
Après cuisson je déciderai si je tamise plus finement, 30 ou 60 dans le cas où il y aurait des grains de chaux.
J’ai trouvé intéressants les grains de la terre qui donnent un effet rustique aux surfaces.
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Après tamisage, l’argile a été stockée dans des grandes poubelles. On voit l’eau qui remonte à la surface, que je siphonne avec une poire pour aider au raffermissement.
J’ai mis la barbotine sur des rondeaux de plâtre qui me servent à tourner.
Les premiers tests ont été faits il y a quelques mois pour voir les qualités de cette argile.
Plasticité avec modelage et tournage. Le premier test sur le terrain a été de rouler un petit colombin d’argile humide. On peut aussi voir comment elle colle quand elle est mouillée, ou la taille des craquelures quand elle sèche.
Puis les tests de chaux que l’on ne peut voir qu’après la cuisson

Une fois la terre sur les rondeaux raffermie, elle est mise en pains et battue, battue, battue…Et on remet de la barbotine sur les rondeaux….
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Tournage des premiers pots
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Les rondeaux saturent vite, il faut laisser l’air circuler, c’est un peu mieux. Dès que le plâtre sature, il faut laisser sécher. Toutes ces opérations prennent du temps. Il faut faire très attention de ne pas prendre des grains de plâtre, donc de chaux, qui reprend huit à douze fois son volume à la cuisson, elle se réhydrate. Ainsi, un grain de chaud que l’on ne voit pas avant la cuisson peut avoir la taille d’une tête d’épingle après réhydratation et casser une partie de la pièce

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On peut utiliser des carreaux de plâtre non hydrofuge, surtout mais comme le plâtre est assez léger, mettre un drap permet d’éviter les grains de chaux.
c’est encore un test à faire avec une argile, celui de la chaux. La plupart du temps, en tamisant au tamis 60 cela permet de les diffuser et ils ne se réhydratent plus en boule
On voit d’après les grandes fentes que cette terre contient beaucoup d’argile; Signe de reconnaissance dans la nature, il reste de l’eau pendant longtemps et lorsqu’il n’y en n’a plus il y a de grandes crevasses. plus les crevasses sont grandes, plus la teneur en argile est importante

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Tournage de plus grosses pièces. J’essaie toujours avec le maximum de finesse, c’est le test de plasticité et de résistance à l’évasement, au rétrécissement

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Une fois raffermies, les poteries sont tournassées et partiellement polies. P1120907P1120911 P1120909P1120915 P1120917 P1120918 P1120931 P1120932
Après elles sont mises à sécher
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Puis trempées dans la sigillée, trois fois et lustrées entre chaque couche de sigillée

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Après c’est l’épreuve du feu, en même temps que la petite fête d’inauguration de ce beau grand four, le 16 juillet. Avant la cuisson, je ne pouvais pas continuer le travail. Si il y avait eu de la chaux, j’aurais dû tout reprendre et tamiser au tamis 60. J’ai tamisé au tamis maçon n°14, ça suffit pour cette terre assez pure. Elle a peu de caillou ou de terre végétale. Belle qualité, ce n’est pas pour rien si les potiers étaient installés dans ce village

Enfournement, cuisson au bois, défournement. J’ai de la chance, tous les tests sont impeccables, je peux maintenant commencer à tourner les pièces qui rempliront le four papier
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A 1031° On arrête le feu. On laisse redescendre le four à 400°, cheminées et alandiers ouverts . Deux heures de petit feu, le bas des alandiers, une heure de moyen feu et quatre heures de grand feu. Pas de problème, faces froides en fin de cuisson, très bonne isolation. A voir lorsque nous ferons à l’automne la cuisson haute température…
. Je me prépare pour l’enfumage et on ferme toutes les ouvertures. Remontée en flèche de la température. Tellement performant qu’il a accumulé la chaleur à l’intérieur et il n’arrive pas à redescendre. Plutôt bon signe…
Ca redescend à 280°, je referme les ouvertures et quand je mets les copeaux ça s’enflamme direct !! Pour enfumer il faut enlever quelques briques de la porte
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Après la cuisson, le sol est encore mouillé, le four doit encore sécher
Il faudra attendre deux jours de refroidissement pour pouvoir défourner. Belle récompense, la terre de Beauregard est magnifique !!!
Elle sonne magnifiquement, elle est étanche, a un bel aspect très minéral. C’est aussi le fait qu’elle soit tamisée grossièrement
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Travail avec la boudinneuse pour le pétrissage
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Cadeau du ciel… C’est sportif quand même, les garçons qui sont au stage de tournage me donnent un coup de main; Merci :)
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Et voilà les boudins? Les boules pour tourner les mémères. Pour que ce soit beau dans le four papier, il faut quelques grosses pièces. Je m’inspire de formes traditionnelles du village et je collerai des anses à la manière des anciens potiers P1130273 P1130274 P1130278 P1130280 P1130281 P1130287  P1130305 P1130306 P1130307 P1130308 P1130309 P1130314 P1130316 P1130318
En fin d’après midi j’ai tournassé, demain je collerai les anses et ferai les décorations dans la semaine
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Pour récapituler les différents tests de recherche d’argile en nature, si une terre est très fendue quand elle est sèche ou si l’eau reste longtemps c’est qu’il y a de l’argile

On fait un colombin pour voir sa consistance. Plus le colombin est long, plus la terre est riche en argile

On en récupère un peu, pas besoin de trop tant qu’on ne la pas travaillée et cuite, on la lave, on la tamise, on la met à raffermir et on la travaille, chacun selon sa façon. Tests de plasticité, de solidité, de résistance à la pression des doigts

Test de chaux, c’est révélé après la cuisson; si des points blancs apparaissent c’est qu’il y a de la chaux. Ils peuvent avoir la taille d’une tête d’épingle et casser la pièce

Tests de porosité, le son, l’aspect

Après ces tests on connait un peu mieux son argile et on peut continuer ou pas selon les résultats

L’atelier se trouve à Valojoulx. Il est ouvert toute l’année sur rendez vous car je ne suis pas toujours présente. Appelez moi au 0685230152 pour le visiter

Le site http://laterreenfeu.fr

Pour voir tout le travail qui se fait à l’atelier, la page

bienvenue, à bientôt :)

Formations de tournage et gestes essentiels

Les gestes essentiels du tournage en vidéos et en images

Le tournage sur rondeau
https://www.youtube.com/watch?v=9jxvNCJsp9Y

https://www.youtube.com/watch?v=aSipYjyVDVI

Le tournage à la quille

Prochaines dates de stage  Du 18 au 21 mars 2021 (Complet)

Du 27 au 30 juillet 2021 (Complet)
Du 19 au 22 ooctobre 2021

Tous les renseignements pratiques des stages sur le site

La Terre en Feu

La Terre en Feu est l'atelier de poterie qui propose, en Dordogne, des stages et des formations professionnelles techniques. Exposition vente. Ouvert sur rv

http://laterreenfeu.fr

Les gestes qui suivent sont des gestes acquis avec une expérience pour un résultat précis, aucun de ces gestes n’invalide d’autres façons de faire d’autres potiers même si ils sont différents. Ce qu’il faut regarder chez un potier c’est si son travail nous convient, on peut choisir ses gestes parce qu’ils correspondent à son travail. Un tourneur de série ou un potier traditionnel indien ou marocain ou espagnol…n’aura pas les mêmes gestes qu’un tourneur à la manufacture de Sèvres ou un faïencier. Le résultat choisi amène les gestes nécessaires à développer.

Je vais donc écrire le texte en bas de la page de ce que l’on ne peut pas lire

 Pour pratiquer le tour de façon excellente, la centration, l’attention, la vigilance, la patience, la douceur sont des qualités essentielles. Elles se cultivent et dès le battage le potier commence à se centrer.
Même un débutant, si il arrive à être bien attentif à terminer chaque phase pour passer à la suivante obtient très rapidement de très bons résultats.

Boules de terre….

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Partage de notes sur le tableau pendant une formation de tournage pour mémoriser les gestes du tournage et leur utilité.

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                                                   Battage de la terre                                        

Explication des schémas. Le battage de la terre : Coller la terre sur la table (4 kg minimum). Une moitié dépasse de la table. Le poignet de la main gauche est posé contre la boule. Le fil est dans la main au dessous. La main droite prend le fil en haut, fait le tour avec le fil dans le sens des aiguilles d’une montre et rejoint la main gauche, ce qui coupe la boule. Le poignet gauche maintient la boule coupée, la main droite pose le fil et les deux mains rabattent le morceau coupé sur le morceau resté sur la table. Les deux mains prennent le morceau de terre dans les paumes, pouces devant surtout sans rentrer les doigts dans la terre pour ne pas créer de bulles d’air.
Le corps est bien ancré, bien en face de la table, on lève la terre coupée et on la claque fermement vers l’avant sur la terre posée. (pas vers soi). C’est pour chasser l’air. On plie un peu les genoux, une jambe un peu avancée, le corps est souple et mobile.La terre éclabousse vers l’avant. Puis on retourne la terre face contre la table en lui faisant faire un quart de tour dans le sens des aiguilles d’une montre en la faisant dépasser de la moitié et on recommence la première opération. Si c’est une terre sortie du pain, une vingtaine de tours suffisent, pour du recyclage, 30, 35 fois permettent d’avoir une terre idéale pour un tournage plus facile qui n’aura pas de vrille interne. La préparation des boules est très importante aussi mais trop longue à décrire. Ce qu’il faut retenir c’est qu’il faut beaucoup d’attention pour préparer ses boules si on est débutant pour se faciliter la tâche. Après, cela va dépendre du tournage que l’on fait.
En ce qui me concerne, je tourne très fin et pour bien tendre les formes je fais une ou deux vagues au maximum et termine à l’estèque. De plus étant une femme je n’ai pas beaucoup de force et j’ai besoin de me ménager le dos.

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Le centrage. Le tour en occident tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Pour centrer la terre, il doit tourner plus vite car la vitesse nous aide. Le corps doit être bien calé en toutes circonstances et les pains travaillent ensemble. Le corps est sur la gauche (fesse droite un peu en l’air car en appui sur la gauche), on appuie le bras gauche sur la cuisse. Il est essentiel de se sentir à l’aise et de ne pas se crisper ni forcer. Les mains doivent effleurer la girelle mais ne pas traîner dessus pour ne pas se blesser. On tourne à la barbotine, qui permet de mieux “graisser” la terre sans la laver. Cela toujours dans un souci de travailler avec peu de gestes et très fin.
La main droite pousse grâce au poids du corps. Elle est devant. Selon la taille de la boule, la position varie. Pour une petite boule de 400 gr, par exemple, elle est grande et on utilisera le pouce, l’annulaire et l’auriculaire, l’index et le majeur resteront au dessus de la boule. Pour une boule plus grosse (800gr), c’est le pouce et l’index de la main droite qui seront approchés (comme sur le petit schéma).
Le bras est bien calé, le pouce est en bas. La paume est contre le bas de la boule, la main est sur le côté gauche de la boule. Il est essentiel de bien rester à gauche et de ne pas essayer à attraper la boule pour la maintenir sinon on se fait entraîner. Le corps ne s’appuie pas sur la boule, il reste bien calé, sinon il sera entraîné.
La main gauche est posée derrière contre la boule, contre la main droite pour travailler en un point et ne frotte pas sur la girelle pour ne pas se blesser. Mais le petit doigt ramasse bien le bas de la boule.  Son rôle est d’aider la main droite et de ramasser la terre en bas de la boule.
L’action des deux mains est de presser la terre en poussant avec la main droite, tirant avec la main gauche vers le centre pur mettre la terre au creux des mains.
Comme le corps a de bons appuis, les bras ne bougent pas, la pression juste permet de caler la terre et de la mettre au centre.
Pour centrer, c’est une décision, on doit donner l’impulsion d’énergie nécessaire. Sans notre action la boule restera sur le tour tranquillement. On s’implique dans le tournage, et parfois ce n’est pas facile parce que chaque geste pas encore acquis se voit tout de suite. L’essentiel est de se connecter à ce qui se passe, à faire attention à faire chaque phase l’une après l’autre en prenant ses appuis, en étant détendu…. facile à dire ;=) C’est un voyage intérieur et lorsque l’on rentre vraiment en relation avec la terre, la vitesse, soi même, c’est une danse agile qui procure une joie immense. La patience, la vigilance, l’attention, la douceur sont autant de qualités que le tournage nous demande de développer.

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Le creusage  Le corps est au milieu, le appuis sont sur les deux cuisses. Les bras sont de chaque côté de la boule, les mains sont de part et d’autre de la boule. Sur le schéma on voit le pouce de la main gauche posé sur la boule. Il va servir d’appui à l’index droit qui plonge au cœur de la boule accompagné du pouce. Les doigts extérieurs de la main droite tiennent la boule. La main gauche est bien posée sur la girelle et permet de garder la stabilité pour ne pas décentrer la boule ou cruser de travers. Une légère inclinaison est nécessaire pour ouvrir la boule. La position dépend bien sûr de la taille de la boule, de la forme que l’on souhaite obtenir. On ne va pas creuser de la même façon pour un bol et pour une assiette. On laisse un peu moins d’un centimètre de fonds.
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Le fond plat se fait après le creusage pour préparer le mur. A partir du moment où la terre est creusée, c’est toujours la main gauche qui sera dans le pot pour ne pas aller à contre sens de la terre dont la paroi va s’affiner de plus en plus.
Le majeur, l’annulaire, l’auriculaire de la main gauche sont donc dans le pot, majeur et annulaire au même niveau, c’est eux qui vont aplatir la terre en s’appuyant sur le fonds et en allant vers la droite. Les deux doigts appuient sur le fonds tandis que la face externe du majeur crée la paroi. Ce n’est pas seulement le bout des doigts qui travaillent mais tout le doigt. L’index est en l’air, en dehors du pot, il aide à l’équilibre. La main droite se pose contre le pouce de la main gauche pour pousser et exercer une pression avec la main gauche qui va empêcher la boule de s’élargir trop et bien sûr maintenir l’équilibre pour ne pas décentrer. Le défaut le plus courant est de monter trop vite le mur sans avoir fait un fonds suffisamment large. Il est alors difficile de monter la vague et cela fait des pots très lourds. Pour cela, bien rester en bas de la boule jusqu’à ce que l’épaisseur tout en bas ne dépasse pas 1,5 cm . C’est un défaut que je rencontre souvent chez les débutant, de ne pas terminer un geste et de passer au suivant, d’aller plus vite pour monter que la vitesse du tour, ce qui fait une vis, de rester trop longtemps, ce qui assèche la terre, de mettre trop de barbotine, ce qui fatigue la terre.. Si cela vous arrive, vous pourrez comme ça tenter de les corriger…

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Le mur. Le mur est la continuité du fonds plat. Il sert à prépare la vague. Au début, on peut décomposer; Après plus d’expérience les deux gestes se font l’un à la suite de l’autre dans un même élan. Suivant la forme que l’on veut obtenir on ne lui donnera bien sûr pas la même forme. C’est une pression exercée qui va faire monter la terre. On forme comme une pince entre le pouce de la main gauche (à l’extérieur du pot) et le majeur (à l’intérieur) et la main droite appuyée sert de support pour éviter l’évasement et le décentrage. L’index de la main gauche est en dehors du pot ou dedans selon la taille de la boule, tandis que les autres doigts sont dedans. Le majeur est à plat contre la paroi, c’est ce qui va former un mur. De par la vitesse et la force centrifuge la terre va monter. Les mouvements doivent être réguliers, la pression régulière, la vitesse de montée proportionnelle à la vitesse du tour, les doigts bien barbotinés et c’est parti !!!!!!!!!
Les deux mains sont toujours jointes dans toutes les phases, tournage, tournassage, coupe, tant que la boule a la taille de la main. Après, avec des boules plus grosses on va trouver des appuis avec le corps.
On travaille toujours en un point et on ne descend jamais 
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La vague
  Elle sert à monter la terre et à donner la forme. L’intervalle entre les deux doigts va déterminer l’épaisseur de la paroi.
C’est une pincée très fine en un point très précis. Le contact avec la terre doit être très précis pour ne pas assécher la barbotine et bien monter la terre.
Elle part bien d’en bas et se prépare avec le majeur de la main droite qui prépare un petit creux dans lequel le pouce à l’envers va pouvoir se caler. C’est très difficile à décrire comme position, excusez moi. J’essaierai de trouver des photos qui montrent cette position. La main droite est retournée vers l’extérieur, paume en l’air. Le pouce et l’index sont joints. On se couche sur l’avant bras droit pour être bien calé, on pose le pouce à l’envers dans le creux préparé, l’index contre la paroi et on va caler le majeur de la main gauche à l’intérieur du pot au dessus du pouce de la main droite et on pince. On part bien du bas. Dès que la vague est formée par la pincée on peut monter la terre. Comme toujours, la vitesse de montée doit être proportionnelle à la vitesse du tour, les mains et la paroi sont bien barbotinées, et surtout on garde la même position jusqu’en haut sans tourner les mains. On peut selon la consistance de la terre desserrer un peu la pression entre les deux doigts en arrivant en haut mais en aucun cas lâcher la position des mains. On peut respirer quand la vague est terminée. Travail en apnée recommandé ;-)
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Pour couper : On tient le bord de la paroi avec les doigts pleins de barbotine pour que la terre n’accroche pas et on approche doucement la pointe du couteau jusqu’à toucher l’index qui se trouve en face de la pointe. Lorsque la pointe a traversé la paroi, elle est coupée et on peut retirer l’anneau de terre qui se détache tout seul. Les défauts les plus courants sont d’enfoncer la pointe de façon trop forte, ce qui déforme la paroi, de tirer l’anneau qui se détache avant que la terre soit coupée complètement, ce qui arrache le haut ou fait vriller la paroi, de ne pas avoir le doigt en face de la pointe ou du couteau. Si vous n’arrivez pas bien à couper, vérifiez si vous faîtes bien ces gestes.

Ne pas tirer, ne pas appuyer trop fort, ne pas approcher trop vite la pointe. Tout dans le tournage est une question d’équilibre et de douceur et de centration… Pas de précipitation au risque de voir s’écrouler le travail.

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BarbotineCuls de bolsbols au feuCreusage d'une grosse bouleEn plein cours de tournageenfumage sigilléesEn plein feuEnfumageFeu d'artificeEtincellesenseigne, le potierLa main dans le potfumée noire four à boisLa potière regarde les pièces à la sortie du fourLa potière au tourLes mains dans la barbotineles mains ouvrent la terreoutils au pied du potOuverture du four RakuPot au feuPetit bolprête à enfumerDSC00223DSC00252DSC00136DSC00182DSC00184



Le tournage demande un apprentissage et amène à la connaissance de soi. Il est considéré comme un art martial au Japon. Il faut d'abord apprendre à centrer sa terre, trouver ses points d'appuis, intégrer les bons gestes pour monter les parois du bol ou du cylindre. Mais c'est aussi une approche très personnelle, un moment intime avec soi même. Pour tourner il faut faire le vide dans son esprit, apprendre à ressentir et avoir la conscience de chacun de nos gestes, travailler avec le souffle...


Quelques images des gestes de base...

Le tournage est considéré par les japonais comme un art martial. Plus qu’une technique, il est la relation intime entre la terre et la personne qui la travaille. Il nécessite une attention, une précision qui apportent la centration. La position, le souffle, la présence sont autant de qualités qui se développent en le pratiquant. L'enseignement est basé sur une approche sensible de la terre, ce qui permet de trouver son propre centre et d'être conscient de ses propres gestes pour les retrouver. Cette conscience est un acquis basé sur les sensations vécues, elle apporte l'autonomie et facilite l'apprentissage.

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Battre et recycler la terre, les premiers gestes

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Pour préparer de bonnes boules faciles à tourner

Ce stage est destiné aux personnes qui souhaitent acquérir des bases de tournage et suffisamment d’aisance pour continuer une pratique autonome. Il est également destiné à permettre aux personnes déjà initiées de se perfectionner, travailler sur des formes ou des difficultés rencontrées, réaliser une théière après en avoir fait le dessin, faire des petites séries.. tout dépendra du niveau des élèves et de leurs besoins.

L'enseignement est différent de celui d'un stage de loisir, le but recherché n'étant pas de "faire des pièces", même si plusieurs sont réalisées, mais d'acquérir une précision et la conscience des gestes. C'est un stage de terre, il n'y a pas de cuisson.
Il peut rentrer dans le cadre de la formation professionnelle et être partiellement ou totalement pris en charge par l’Etat, la Région, l’employeur, la chambre des métiers…

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Le centrage,
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Le mur,
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La vague, le cylindre, les bols, les saladiers,
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pichet, théière, formes rondes, évasées, plates, 
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Quelques explications théoriques

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Tournasser pour parfaire et alléger les formes?
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Poser les anses des pichets? Garnir une théière?
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Tourner une grande assiette?
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Faire un cendrier qui garde les odeurs de tabac?
Et bien d’autres formes encore selon vos besoins et votre niveau …

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Apprendre à tourner les couvercles? Tourner sur rondeaux?

 

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Tourner des formes hautes? Les becs verseurs?

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Des bonnes formes bien rondes?
   
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Le site : http://laterreenfeu.fr

Tel 0685230152. Sophie Houdebert