Les gestes essentiels du tournage en vidéos et en images

Le tournage sur rondeau
https://www.youtube.com/watch?v=9jxvNCJsp9Y

https://www.youtube.com/watch?v=aSipYjyVDVI

Le tournage à la quille

Il reste une place pour le stage.

Tous les renseignements sur le site http://laterreenfeu.fr/calendrier-prochaines-formations/tournage/

Les gestes qui suivent sont des gestes acquis avec une expérience pour un résultat précis, aucun de ces gestes n’invalide d’autres façons de faire d’autres potiers même si ils sont différents. Ce qu’il faut regarder chez un potier c’est si son travail nous convient, on peut choisir ses gestes parce qu’ils correspondent à son travail. Un tourneur de série ou un potier traditionnel indien ou marocain ou espagnol…n’aura pas les mêmes gestes qu’un tourneur à la manufacture de Sèvres ou un faïencier. Le résultat choisi amène les gestes nécessaires à développer.

Je vais donc écrire le texte en bas de la page de ce que l’on ne peut pas lire

 Pour pratiquer le tour de façon excellente, la centration, l’attention, la vigilance, la patience, la douceur sont des qualités essentielles. Elles se cultivent et dès le battage le potier commence à se centrer.
Même un débutant, si il arrive à être bien attentif à terminer chaque phase pour passer à la suivante obtient très rapidement de très bons résultats.

Boules de terre….

fptour 016 DSCF5666   fptour 008 fptour 009 fptour 010 fptour 013 fptour 014 fptour 015
Partage de notes sur le tableau pendant une formation de tournage pour mémoriser les gestes du tournage et leur utilité.

                                  DSC01431 
                                                   Battage de la terre                                        

Explication des schémas. Le battage de la terre : Coller la terre sur la table (4 kg minimum). Une moitié dépasse de la table. Le poignet de la main gauche est posé contre la boule. Le fil est dans la main au dessous. La main droite prend le fil en haut, fait le tour avec le fil dans le sens des aiguilles d’une montre et rejoint la main gauche, ce qui coupe la boule. Le poignet gauche maintient la boule coupée, la main droite pose le fil et les deux mains rabattent le morceau coupé sur le morceau resté sur la table. Les deux mains prennent le morceau de terre dans les paumes, pouces devant surtout sans rentrer les doigts dans la terre pour ne pas créer de bulles d’air.
Le corps est bien ancré, bien en face de la table, on lève la terre coupée et on la claque fermement vers l’avant sur la terre posée. (pas vers soi). C’est pour chasser l’air. On plie un peu les genoux, une jambe un peu avancée, le corps est souple et mobile.La terre éclabousse vers l’avant. Puis on retourne la terre face contre la table en lui faisant faire un quart de tour dans le sens des aiguilles d’une montre en la faisant dépasser de la moitié et on recommence la première opération. Si c’est une terre sortie du pain, une vingtaine de tours suffisent, pour du recyclage, 30, 35 fois permettent d’avoir une terre idéale pour un tournage plus facile qui n’aura pas de vrille interne. La préparation des boules est très importante aussi mais trop longue à décrire. Ce qu’il faut retenir c’est qu’il faut beaucoup d’attention pour préparer ses boules si on est débutant pour se faciliter la tâche. Après, cela va dépendre du tournage que l’on fait.
En ce qui me concerne, je tourne très fin et pour bien tendre les formes je fais une ou deux vagues au maximum et termine à l’estèque. De plus étant une femme je n’ai pas beaucoup de force et j’ai besoin de me ménager le dos.

DSC01425DSC01426

Le centrage. Le tour en occident tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Pour centrer la terre, il doit tourner plus vite car la vitesse nous aide. Le corps doit être bien calé en toutes circonstances et les pains travaillent ensemble. Le corps est sur la gauche (fesse droite un peu en l’air car en appui sur la gauche), on appuie le bras gauche sur la cuisse. Il est essentiel de se sentir à l’aise et de ne pas se crisper ni forcer. Les mains doivent effleurer la girelle mais ne pas traîner dessus pour ne pas se blesser. On tourne à la barbotine, qui permet de mieux “graisser” la terre sans la laver. Cela toujours dans un souci de travailler avec peu de gestes et très fin.
La main droite pousse grâce au poids du corps. Elle est devant. Selon la taille de la boule, la position varie. Pour une petite boule de 400 gr, par exemple, elle est grande et on utilisera le pouce, l’annulaire et l’auriculaire, l’index et le majeur resteront au dessus de la boule. Pour une boule plus grosse (800gr), c’est le pouce et l’index de la main droite qui seront approchés (comme sur le petit schéma).
Le bras est bien calé, le pouce est en bas. La paume est contre le bas de la boule, la main est sur le côté gauche de la boule. Il est essentiel de bien rester à gauche et de ne pas essayer à attraper la boule pour la maintenir sinon on se fait entraîner. Le corps ne s’appuie pas sur la boule, il reste bien calé, sinon il sera entraîné.
La main gauche est posée derrière contre la boule, contre la main droite pour travailler en un point et ne frotte pas sur la girelle pour ne pas se blesser. Mais le petit doigt ramasse bien le bas de la boule.  Son rôle est d’aider la main droite et de ramasser la terre en bas de la boule.
L’action des deux mains est de presser la terre en poussant avec la main droite, tirant avec la main gauche vers le centre pur mettre la terre au creux des mains.
Comme le corps a de bons appuis, les bras ne bougent pas, la pression juste permet de caler la terre et de la mettre au centre.
Pour centrer, c’est une décision, on doit donner l’impulsion d’énergie nécessaire. Sans notre action la boule restera sur le tour tranquillement. On s’implique dans le tournage, et parfois ce n’est pas facile parce que chaque geste pas encore acquis se voit tout de suite. L’essentiel est de se connecter à ce qui se passe, à faire attention à faire chaque phase l’une après l’autre en prenant ses appuis, en étant détendu…. facile à dire ;=) C’est un voyage intérieur et lorsque l’on rentre vraiment en relation avec la terre, la vitesse, soi même, c’est une danse agile qui procure une joie immense. La patience, la vigilance, l’attention, la douceur sont autant de qualités que le tournage nous demande de développer.

                                   DSC01427

Le creusage  Le corps est au milieu, le appuis sont sur les deux cuisses. Les bras sont de chaque côté de la boule, les mains sont de part et d’autre de la boule. Sur le schéma on voit le pouce de la main gauche posé sur la boule. Il va servir d’appui à l’index droit qui plonge au cœur de la boule accompagné du pouce. Les doigts extérieurs de la main droite tiennent la boule. La main gauche est bien posée sur la girelle et permet de garder la stabilité pour ne pas décentrer la boule ou cruser de travers. Une légère inclinaison est nécessaire pour ouvrir la boule. La position dépend bien sûr de la taille de la boule, de la forme que l’on souhaite obtenir. On ne va pas creuser de la même façon pour un bol et pour une assiette. On laisse un peu moins d’un centimètre de fonds.
DSC01423DSC01399
Le fond plat se fait après le creusage pour préparer le mur. A partir du moment où la terre est creusée, c’est toujours la main gauche qui sera dans le pot pour ne pas aller à contre sens de la terre dont la paroi va s’affiner de plus en plus.
Le majeur, l’annulaire, l’auriculaire de la main gauche sont donc dans le pot, majeur et annulaire au même niveau, c’est eux qui vont aplatir la terre en s’appuyant sur le fonds et en allant vers la droite. Les deux doigts appuient sur le fonds tandis que la face externe du majeur crée la paroi. Ce n’est pas seulement le bout des doigts qui travaillent mais tout le doigt. L’index est en l’air, en dehors du pot, il aide à l’équilibre. La main droite se pose contre le pouce de la main gauche pour pousser et exercer une pression avec la main gauche qui va empêcher la boule de s’élargir trop et bien sûr maintenir l’équilibre pour ne pas décentrer. Le défaut le plus courant est de monter trop vite le mur sans avoir fait un fonds suffisamment large. Il est alors difficile de monter la vague et cela fait des pots très lourds. Pour cela, bien rester en bas de la boule jusqu’à ce que l’épaisseur tout en bas ne dépasse pas 1,5 cm . C’est un défaut que je rencontre souvent chez les débutant, de ne pas terminer un geste et de passer au suivant, d’aller plus vite pour monter que la vitesse du tour, ce qui fait une vis, de rester trop longtemps, ce qui assèche la terre, de mettre trop de barbotine, ce qui fatigue la terre.. Si cela vous arrive, vous pourrez comme ça tenter de les corriger…

                                DSC01424

Le mur. Le mur est la continuité du fonds plat. Il sert à prépare la vague. Au début, on peut décomposer; Après plus d’expérience les deux gestes se font l’un à la suite de l’autre dans un même élan. Suivant la forme que l’on veut obtenir on ne lui donnera bien sûr pas la même forme. C’est une pression exercée qui va faire monter la terre. On forme comme une pince entre le pouce de la main gauche (à l’extérieur du pot) et le majeur (à l’intérieur) et la main droite appuyée sert de support pour éviter l’évasement et le décentrage. L’index de la main gauche est en dehors du pot ou dedans selon la taille de la boule, tandis que les autres doigts sont dedans. Le majeur est à plat contre la paroi, c’est ce qui va former un mur. De par la vitesse et la force centrifuge la terre va monter. Les mouvements doivent être réguliers, la pression régulière, la vitesse de montée proportionnelle à la vitesse du tour, les doigts bien barbotinés et c’est parti !!!!!!!!!
Les deux mains sont toujours jointes dans toutes les phases, tournage, tournassage, coupe, tant que la boule a la taille de la main. Après, avec des boules plus grosses on va trouver des appuis avec le corps.
On travaille toujours en un point et on ne descend jamais 
                       DSC01422
La vague
  Elle sert à monter la terre et à donner la forme. L’intervalle entre les deux doigts va déterminer l’épaisseur de la paroi.
C’est une pincée très fine en un point très précis. Le contact avec la terre doit être très précis pour ne pas assécher la barbotine et bien monter la terre.
Elle part bien d’en bas et se prépare avec le majeur de la main droite qui prépare un petit creux dans lequel le pouce à l’envers va pouvoir se caler. C’est très difficile à décrire comme position, excusez moi. J’essaierai de trouver des photos qui montrent cette position. La main droite est retournée vers l’extérieur, paume en l’air. Le pouce et l’index sont joints. On se couche sur l’avant bras droit pour être bien calé, on pose le pouce à l’envers dans le creux préparé, l’index contre la paroi et on va caler le majeur de la main gauche à l’intérieur du pot au dessus du pouce de la main droite et on pince. On part bien du bas. Dès que la vague est formée par la pincée on peut monter la terre. Comme toujours, la vitesse de montée doit être proportionnelle à la vitesse du tour, les mains et la paroi sont bien barbotinées, et surtout on garde la même position jusqu’en haut sans tourner les mains. On peut selon la consistance de la terre desserrer un peu la pression entre les deux doigts en arrivant en haut mais en aucun cas lâcher la position des mains. On peut respirer quand la vague est terminée. Travail en apnée recommandé ;-)
DSC01428 DSC01429
Pour couper : On tient le bord de la paroi avec les doigts pleins de barbotine pour que la terre n’accroche pas et on approche doucement la pointe du couteau jusqu’à toucher l’index qui se trouve en face de la pointe. Lorsque la pointe a traversé la paroi, elle est coupée et on peut retirer l’anneau de terre qui se détache tout seul. Les défauts les plus courants sont d’enfoncer la pointe de façon trop forte, ce qui déforme la paroi, de tirer l’anneau qui se détache avant que la terre soit coupée complètement, ce qui arrache le haut ou fait vriller la paroi, de ne pas avoir le doigt en face de la pointe ou du couteau. Si vous n’arrivez pas bien à couper, vérifiez si vous faîtes bien ces gestes.

Ne pas tirer, ne pas appuyer trop fort, ne pas approcher trop vite la pointe. Tout dans le tournage est une question d’équilibre et de douceur et de centration… Pas de précipitation au risque de voir s’écrouler le travail.

DSC01430

 


alendier
BarbotineCuls de bolsbols au feuCreusage d'une grosse bouleEn plein cours de tournageenfumage sigilléesEn plein feuEnfumageFeu d'artificeEtincellesenseigne, le potierLa main dans le potfumée noire four à boisLa potière regarde les pièces à la sortie du fourLa potière au tourLes mains dans la barbotineles mains ouvrent la terreoutils au pied du potOuverture du four RakuPot au feuPetit bolprête à enfumerDSC00223DSC00252DSC00136DSC00182DSC00184



Le tournage demande un apprentissage et amène à la connaissance de soi. Il est considéré comme un art martial au Japon. Il faut d'abord apprendre à centrer sa terre, trouver ses points d'appuis, intégrer les bons gestes pour monter les parois du bol ou du cylindre. Mais c'est aussi une approche très personnelle, un moment intime avec soi même. Pour tourner il faut faire le vide dans son esprit, apprendre à ressentir et avoir la conscience de chacun de nos gestes, travailler avec le souffle...

Stage intensif de tournage du 19 au 28 juillet



Quelques images des gestes de base...

Le tournage est considéré par les japonais comme un art martial. Plus qu’une technique, il est la relation intime entre la terre et la personne qui la travaille. Il nécessite une attention, une précision qui apportent la centration. La position, le souffle, la présence sont autant de qualités qui se développent en le pratiquant. L'enseignement est basé sur une approche sensible de la terre, ce qui permet de trouver son propre centre et d'être conscient de ses propres gestes pour les retrouver. Cette conscience est un acquis basé sur les sensations vécues, elle apporte l'autonomie et facilite l'apprentissage.

DSC05574DSC05579DSC05585
Battre et recycler la terre, les premiers gestes

DSC05635DSC05644 
Pour préparer de bonnes boules faciles à tourner

Ce stage est destiné aux personnes qui souhaitent acquérir des bases de tournage et suffisamment d’aisance pour continuer une pratique autonome. Il est également destiné à permettre aux personnes déjà initiées de se perfectionner, travailler sur des formes ou des difficultés rencontrées, réaliser une théière après en avoir fait le dessin, faire des petites séries.. tout dépendra du niveau des élèves et de leurs besoins.

L'enseignement est différent de celui d'un stage de loisir, le but recherché n'étant pas de "faire des pièces", même si plusieurs sont réalisées, mais d'acquérir une précision et la conscience des gestes. C'est un stage de terre, il n'y a pas de cuisson.
Il peut rentrer dans le cadre de la formation professionnelle et être partiellement ou totalement pris en charge par l’Etat, la Région, l’employeur, la chambre des métiers…

DSC05476  DSC05403
Le centrage,
DSC05406   DSC05330DSC05296   
DSC05667  DSC05671

Le mur,
DSC05294      P1060524
La vague, le cylindre, les bols, les saladiers,
P1060602        P1060690
P1060518P1060498

pichet, théière, formes rondes, évasées, plates, 
P1060745   P1060409
DSC04862DSC04863
DSC01399DSC01427P1060401 
Quelques explications théoriques

P1060409DSC05680 
DSC05686 DSC05682
015 IMG_0546 
Tournasser pour parfaire et alléger les formes?
DSC05727 DSC05744
DSC05757 DSC05767
DSC05772 DSC05775
DSC05799 DSC05800
DSC05805   DSC05802

Poser les anses des pichets? Garnir une théière?
DSC_0173 DSC_0207
Tourner une grande assiette?
DSC_0267 DSC_0283
DSC_0348 DSC_0379
DSC_0383 DSC_0384
Faire un cendrier qui garde les odeurs de tabac?
Et bien d’autres formes encore selon vos besoins et votre niveau …

DSC05348 DSC05323
Apprendre à tourner les couvercles? Tourner sur rondeaux?

 

DSC05337 DSC05356
Tourner des formes hautes? Les becs verseurs?

DSC05359 DSC05400
Des bonnes formes bien rondes?
   
   DSC05790
P1060280
Le site : http://laterreenfeu.fr

Tel 0685230152. Sophie Houdebert